Pierre Bergounioux, né le 25 mai 1949 à Brive-la-Gaillarde, est un écrivain français, sculpteur et professeur de lettres.

Son œuvre abondante, d'inspiration autobiographique, se lit comme un seul grand livre, reprenant sans cesse les mêmes motifs pour patiemment cerner l'unique objet de ses préoccupations : celui de l'existence soumise à l'inlassable travail du temps. Marquée par Faulkner et les profonds bouleversements que l'écrivain américain introduisit dans l'écriture romanesque, elle a été rapprochée de celles de Claude Simon et de Pierre Michon.

Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé de lettres modernes, à l'occasion critique littéraire, mais aussi sculpteur, enseignant, militant de gauche, père de famille, pêcheur de truites et de gros livres, Pierre Bergounioux partage sa vie entre les solitudes lumineuses de la Haute-Corrèze et les jours austères, laborieux, contraints, en banlieue parisienne. Après avoir passé l'essentiel de sa carrière en collège, Pierre Bergounioux a dispensé entre 2007 et 2014 des cours sur l'histoire de la création littéraire à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

Portés par un style poétique remarquablement ciselé, ses livres entendent éclaircir la douloureuse question des origines et du déracinement, non seulement géographique, mais ontologique. L'œuvre de Bergounioux cherche à dépasser la déchirure qui mène de l'enfance à l'âge adulte, c'est-à-dire à la connaissance de sa propre ignorance et de l'absurdité du monde. Comme Faulkner, à qui il a consacré un livre et quelques articles, « entre le chagrin et le néant, [il a] choisi le chagrin.»

Pierre Bergounioux pratique aussi les arts plastiques comme sculpteur ; prenant son matériau chez un ferrailleur corrézien, il intervient peu sur les objets de récupération qu'il soude et patine. Du fait de sa double activité créatrice, Bergounioux peut être considéré comme un « littératiste », selon Elsa-Flore Christophe.

Le poète et éditeur Jean-Paul Michel, avec qui il est ami depuis qu'ils étudiaient tous deux au lycée de Brive-la-Gaillarde, lui a consacré un de ses livres, La deuxième fois, Pierre Bergounioux sculpteur (William Blake & Co., Bordeaux).

En 2013, Henry Colomer lui consacre un film intitulé Vies métalliques, et sous-titré Rencontres avec Pierre Bergounioux, témoignage sur la créativité plastique de l'écrivain.

Parallèlement, Pierre Bergounioux a mené une réflexion sur l'école dans un livre d'entretiens paru en octobre 2006, ironiquement intitulé École : mission accomplie. Il y fait l'amer constat de l'échec du collège unique, dont le fonctionnement non seulement ne réduit pas les inégalités mais accentue chez les élèves les plus faibles l'humiliation et le pressentiment qu'ils ont de l'infériorité de leur condition sociale.

«La seule façon de ne pas faire violence aux enfants serait de les juger par rapport à eux-mêmes, d'évaluer la distance qu'ils ont parcourue entre l'état où nous les avons trouvés au sortir de l'univers familial et celui auquel ils se sont élevés sous l'effet de notre enseignement. Mais cela reviendrait à reconnaître publiquement l'injustice de notre société, à en tirer les conséquences, qui sont révolutionnaires, rien de moins, et jamais nous n'avons été aussi loin de le faire. »

D'après la notice Wikipédia.